Partager l'article ! Mauvaises résolutions: Première semaine de l’année rime avec ? Bonnes résolutions. La répo ...
C'est lundi et je n'ai pas envie...d'être là où je suis. Et vous?
Humeurs et décadences du moment, envies d'évasion, coups de gueule libératoires, rêves extravagants...tout ce qui me passe par la tête, devant les yeux et à travers les oreilles est là, pour tenter d'échapper à la terrible malédiction du lundi.
(Ca marche aussi les autres jours)
Première semaine de l’année rime avec ?
Bonnes résolutions.
La réponse n’est pas bien difficile à trouver.
Et que des listes de suggestions fleurissent à la une de toute la presse féminine. A croire que la gent masculine n’est pas concernée par l’évènement. Peut-être est-elle seulement dispensée, comme on dispense un enfant fluet de sports de combat de peur qu’il ne se blesse ? Les plus machos diront qu’il est inutile d’améliorer la perfection. J’entends déjà un « A quoi bon les bonnes résolutions ? Nous (les hommes) n’avons pas besoin de faire des listes pour savoir ce qu’il nous reste à faire. Nous le faisons. Point. »
En attendant de pouvoir égaler l’efficacité masculine sur le sujet, nous compilons les meilleures « to do lists » de l’année pour pondre notre jus bien à nous.
Il y a, invariablement, les valeurs refuges : « j’arrête de fumer », « je perds 5 kilos avant la semaine de ski » (qui rime avec raclette, et donc, avec reprise des fameux 5 kilos), « je passe mon permis », « je me remets au sport » (concept très vague d’ailleurs, que de dire, je me remets AU sport. Un peu comme si on disait » je crois EN Dieu ». Quel Dieu ? Quel sport ?).
Après les « permanentes » des bonnes résolutions, viennent les « éphémères », qui varient en fonction de la tendance du moment. Histoire de rafraîchir la liste de l’année dernière, pour ne pas sombrer dans l’ennui et la répétition.
Sans vouloir donner raison aux railleurs qui diront que tous les ans, on arrête de fumer, que tous les ans on a 5 kilos à perdre et que tous les ans, bizarrement on se « remet » au sport, il faut bien avouer qu’il peut y avoir une certaine monotonie dans la bonne résolution. Celles que je qualifierais plutôt de gimmicks, ne sont pas des aveux d’inconstance. Ces vœux, tout au plus récurrents, sont les témoins de l’opiniâtreté et du perfectionnisme féminins. Si tous les ans on reprend les mêmes et on recommence, c’est par souci de bien faire les choses.
De les aboutir.
En aucun cas une marque de manque de volonté…
Pour donner du peps à la liste historique de bonnes résolutions, on l’agrémente donc d’idées plus trendy, suivant le move de l’année. (Il arrive parfois qu’une bonne résolution temporaire devienne une basique pour les années suivantes. Je pense à « je n’achèterai que du bio », « j’irai travailler en vélo », « je trierai mes déchets », « je m’éclairerai à la bougie un soir sur deux »)
Et comme notre traité de bonne conduite doit être tenu, pour essayer d'éviter les remarques citées plus haut, on y ajoute toujours des « résolutions-cadeau », pour se donner du courage ( Et surtout on commence par celles-là).
Je ne vais pas vous faire la liste des to do lists que j’ai pu lire, mais il semble que se réconcilier avec sa belle-mère soit très 2012, comme se mettre à la méditation (en passe de remplacer le sempiternel se remettre au sport ?), on n’achète plus bio mais agriculture raisonnée, on invite ses voisins une fois par semestre à dîner, on retire ses prothèses PIP, on achète une Rolex avant le mois de mai (après il sera trop tard). On évite les pièges « je m’inscris sur les listes électorales », car c’est trop 2011 (eh oui…), et « je crée mon compte twitter » trop 2010. La tendance est plutôt à « je supprime tous mes comptes sur les réseaux sociaux » et « je ne pars plus en week-end pour les présidentielles ».
En résolutions cadeaux, « j’achète le blouson scorpion de Ryan Gosling à mon mec » a son petit succès, ainsi que « j’envoie un tweet tous les jours à @ThomasDutronc ».
Je fais ma liste comme tout le monde depuis une semaine. Lorsque son volume approche dangereusement celui du Larousse, je prends quelques minutes pour méditer (une bonne résolution de cochée au passage). Je rechigne un peu à l’avouer, mais une remarque très masculine s’impose, tout doucement : « A quoi bon ? ». Oui, à quoi bon se brimer une année encore, alors que tout le monde le sait, tout le monde le dit, il ne nous reste que quelques mois à vivre. L’apocalypse est sur toutes les lèvres, dans tous les esprits, alors, très honnêtement, à quoi cette (supposée) dernière liste va-t-elle bien servir ? On n’aura même pas la satisfaction d’avoir coché deux ou trois items sur les 450 prévus.
Je prends le catalogue de mes bonnes résolutions qui ressemble à celui de la Redoute, et je le jette allègrement à la poubelle. J’allume une cigarette, me sers un verre de vin, augmente le chauffage pour pouvoir ouvrir la fenêtre (faut bien aérer) et lance le lave-vaiselle.
Au pire, si je fais n’importe quoi, ce n'est que pour quelques mois, et je recommencerai l’année prochaine à me donner de pieux objectifs, si la fin du monde n’a pas lieu.
J’inscris un post-it « ne plus prendre de bonnes résolutions », et je me dis, que ça, c’est terriblement 2012.
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